Des écoliers aident à transporter des clôtures tissées à la main pour protéger le verger nouvellement planté d'être mangé par les animaux à Dutsen Kafur.

Une formation en agroforesterie au Nigéria démontre le lien entre les considérations environnementales et la production durable


En associant des techniques agroforestières modernes aux savoirs indigènes des producteurs locaux, le projet RFS Nigéria tire parti des bienfaits des arbres pour accroître la productivité agricole, fournir des sources de revenus alternatives et améliorer le fonctionnement des écosystèmes.

Haruna Adamu est un agriculteur de subsistance dans la zone de gouvernement local de Kaltungo, dans l'État de Gombe. Par le passé, chaque fois qu'il avait besoin de planter d'autres cultures ou de récolter du bois d’énergie, Haruna abattait des arbres sur sa ferme et aux alentours. Au fil du temps, les terres qu’il exploite ont commencé à montrer des signes évidents d'érosion du sol et il a dû se débattre avec de faibles rendements agricoles.

Au Nigéria, La surexploitation des ressources naturelles a provoqué une dégradation croissante de l'environnement et de hauts niveaux de déforestation. De plus, les défis posés par les paysages dégradés sont exacerbés par le changement climatique. La fréquence et l'intensité des sécheresses et des inondations augmentant dans la région s’ajoutent aux pertes de récoltes et de cheptel, ainsi qu'à la dégradation continue des paysages ruraux, avec des conséquences désastreuses sur la sécurité alimentaire.

Pour de nombreux paysans comme Haruan Adamu, le rapport entre les arbres, la terre, le climat et la production alimentaire est mal connu de tous.  "Avant le projet [RFS], je ne comprenais pas que l'abattage des arbres conduisait à la déforestation et à la désertification", explique Haruna. Parce qu’il a bénéficié de la formation en agroforesterie de RFS Nigéria, Haruna a toutefois été rapidement en mesure d'établir le lien entre la déforestation locale et la baisse de ses rendements agricoles.  


Suite à la formation, le projet a fourni des plantules et du matériel de contrôle de l’érosion aux communautés Dutsen Kura et Kanya, dans l’Etat du Katsina.
Suite à la formation, le projet a fourni des plantules et du matériel de contrôle de l’érosion aux communautés Dutsen Kura et Kanya, dans l’Etat du Katsina.

World Agroforestry  /Agroforesterie Mondiale (ICRAF) définit l'agroforesterie comme l'interaction de l'agriculture et des arbres, et comprend l'utilisation agricole des arbres. Il s'agit d'un système dynamique de gestion des ressources naturelles qui vise à produire des arbres pour le bois d'œuvre, à fournir des aliments divers et nutritifs et à assurer la protection de l'environnement naturel.

Au cours du second semestre 2020, le projet RFS Nigéria a déroulé un programme de formation en agroforesterie, en partenariat avec le programme de développement agricole de l'État (ADP), dans les 70 communautés du projet. Le programme de formation a couvert plus de 3500 bénéficiaires dans 14 zones de gouvernement local dans les sept États où le programme est mis en œuvre : Adamawa, Nasarawa, Jigawa, Katsina, Benue, Gombe et Kano.

La formation s'est attachée à mieux faire connaître aux paysans le lien entre les arbres, la production agricole et l'économie locale, et leur a fourni les outils et les connaissances nécessaires pour établir des systèmes agroforestiers dans leurs propres exploitations. On leur a aussi expliqué que la culture d'un plus grand nombre d'arbres renforce le piégeage de carbone et contribue aux efforts déployés par le Nigéria pour lutter contre le changement climatique.

Les approches agroforestières présentées dans la formation comprenaient la culture en couloir, une technique dans laquelle des rangées d'arbres créent des allées à l'intérieur desquelles des cultures agricoles sont exploitées, et le sylvo-pastoralisme, une démarche qui intègre les arbres et le pâturage du bétail sur les mêmes terres. Ces approches permettent de disposer de systèmes diversifiés offrant un éventail de possibilités de production et des sources de revenus à court, moyen et long terme.


En introduisant des arbres fruitiers dans les systèmes agropastoraux, tels qu’anacardiers, agrumes et manguiers, les paysans réussissent à diversifier leurs sources de revenus tout en tirant tous les avantages environnementaux d’une meilleure couverture arborée.
En introduisant des arbres fruitiers dans les systèmes agropastoraux, tels qu’anacardiers, agrumes et manguiers, les paysans réussissent à diversifier leurs sources de revenus tout en tirant tous les avantages environnementaux d’une meilleure couverture arborée.

Suite à la formation, le projet a fourni des plantules aux communautés et a aidé aux sessions de plantation. Les arbres fruitiers tels que les agrumes, manguiers et goyaviers, et les arbres à noix, tels que les anacardiers, ont un double objectif : lutter contre la dégradation des terres et améliorer la qualité des sols, tout en fournissant aux communautés de nouvelles sources de nourriture à vendre et à consommer.

Pour de nombreux paysans, le fruit de leur travail durera toute une vie. Ce type d’appui permet aux communautés d'améliorer les possibilités d’emploi, non seulement pour un ou deux ans, mais aussi pour la génération à venir", a déclaré Babu Yusif Harbo, un participant à la formation dans l'État de Jigawa. "Les arbres qui m'ont été donnés [par le projet] me profiteront à moi ainsi qu'à mes enfants et aux enfants de mes enfants."


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